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Figures marquantes de la scène artistique française

Joanne Chan April 23, 2026

Article paru dans Harper’s Bazaar Art, 2015 (version chinoise originale) — traduction française par l’auteure, 2026.

Le nom de Pablo Picasso est connu de tous. Dans l’univers de l’art, il est devenu une référence absolue, au point d’incarner à lui seul l’image du grand maître. Cette année, à l’occasion du 30e anniversaire du Musée national Picasso-Paris, qui a rouvert ses portes à la fin de l’année dernière après de longues années de fermeture, j’ai rencontré son directeur, Laurent Le Bon, ainsi que son architecte, Jean-François Bodin, pour évoquer les enjeux de cette métamorphose.

Cette rencontre a permis de mieux comprendre les réalités, mais aussi les satisfactions, de ceux qui travaillent dans le secteur culturel en France. Laurent Le Bon a notamment évoqué M+, en comparant le chantier du West Kowloon Cultural District à celui du Centre Pompidou-Metz. Apprenant que le projet de West Kowloon était encore en cours, il a estimé que les retards étaient tout à fait prévisibles pour un chantier d’une telle ampleur. Jean-François Bodin, de son côté, nous a raconté l’histoire du bâtiment, son passé prestigieux et les étapes de sa rénovation. Il a aussi partagé sa vision de l’architecture comme forme de création à part entière. Tout au long de l’entretien, il a souvent répondu à nos questions par d’autres questions, comme pour nous inviter à réfléchir à ce que signifie réellement l’art.

Une histoire liée au lieu

Le Musée national Picasso-Paris est installé dans l’Hôtel Salé, au cœur du Marais, l’un des quartiers les plus emblématiques de la vie artistique parisienne. Construit au XVIIe siècle, ce bâtiment a accueilli le musée en 1985. L’Hôtel Salé doit son nom à son premier propriétaire, Pierre Aubert, un collecteur de la gabelle, l’impôt sur le sel.

À son époque, l’édifice était considéré comme exceptionnel. Son architecture figurait parmi les plus remarquables et les plus majestueuses de Paris. Au fil des siècles, il a connu plusieurs vies et plusieurs occupants. Trois cents ans plus tard, c’est justement la noblesse de son architecture, ainsi que sa proximité spirituelle avec les lieux où Picasso a vécu et travaillé, qui ont conduit à son choix comme écrin du musée.

Laurent Le Bon est aujourd’hui directeur du Musée national Picasso-Paris. Comme la plupart des responsables de grandes institutions culturelles en France, il est fonctionnaire. Sa carrière, menée avec rapidité et solidité, témoigne d’un parcours déjà riche de nombreuses responsabilités. En vingt ans, il a occupé plusieurs postes importants dans le monde de l’art et nous a parlé de son travail de commissaire d’exposition ainsi que de son expérience dans les musées français.

Passionné d’art depuis le lycée, Laurent Le Bon a très tôt voulu faire de cette passion son métier. En France, les commissaires de musée suivent généralement un long parcours de formation : après des études universitaires ou équivalentes, ils doivent compléter leur cursus à l’Institut national du patrimoine. Après l’École du Louvre, Laurent Le Bon a poursuivi sa formation à l’Institut national du patrimoine puis à Sciences Po Paris. Dans le système français, cette école constitue souvent un passage déterminant vers les hautes fonctions publiques.

Il a travaillé pendant vingt ans au ministère de la Culture, où il s’est occupé de nombreux projets artistiques publics, notamment au Centre Pompidou, au Centre Pompidou-Metz et pour la Nuit Blanche de l’an 2000. L’an dernier, il a été nommé à la tête du Musée national Picasso-Paris.

Le temps des grandes expositions

En France, chaque musée a sa propre manière de fonctionner. Dans les petites structures, les commissaires disposent d’une plus grande marge de liberté ; dans les grandes institutions, au contraire, tout doit être discuté, validé et coordonné. Au Centre Pompidou, qui emploie plus d’un millier de personnes, les décisions passent par de nombreux échanges avant d’être arrêtées par la direction. On imagine aisément le poids de ces contraintes.

La préparation d’une exposition dépend elle aussi de son ampleur. Une exposition de jeunes artistes peut parfois voir le jour en un mois. En revanche, pour un grand maître classique, il faut souvent trois à quatre ans. Il ne s’agit pas seulement de construire un propos : il faut aussi mener un long travail de recherche, convaincre les musées et les collectionneurs du monde entier de prêter des œuvres, et coordonner un ensemble d’acteurs souvent très nombreux.

Le regard extérieur sous-estime souvent cette réalité. Laurent Le Bon compare volontiers la préparation d’une grande exposition à la production d’un film d’envergure ou à la création d’un opéra : c’est un travail long, collectif, exigeant, qui mobilise du temps, des moyens et beaucoup d’énergie.

Les défis d’un grand projet

Laurent Le Bon reconnaît que chacun des projets auxquels il a participé comportait sa part de difficulté. Au Centre Pompidou, lui et son équipe ont ainsi passé plus de dix ans à préparer puis à construire le Centre Pompidou-Metz. Il se souvient d’un chantier particulièrement lourd, mené dans un contexte économique difficile, avant l’émotion forte de l’ouverture. Ce souvenir reste pour lui profondément marquant.

Lorsqu’il a appris que M+ n’était pas encore achevé, il n’a pas été surpris. Pour lui, un projet d’une telle envergure suppose d’importants moyens financiers, humains et intellectuels. Tous les grands chantiers culturels exigent du temps, des négociations et un dialogue constant entre les différents acteurs. Quand ils aboutissent enfin, la satisfaction est immense.

À ses yeux, la promotion de l’art soulève des défis différents selon les pays. Pour le Musée Picasso, le problème n’est pas la fréquentation : le public est au rendez-vous, au point qu’il faut parfois agrandir les espaces d’exposition et d’accueil. Le véritable enjeu consiste plutôt à faire en sorte que l’œuvre de Picasso touche les visiteurs, sans leur sembler lointaine ou inaccessible.

En 2000, Laurent Le Bon a également été directeur artistique de la Nuit Blanche, un événement parisien majeur, organisé sur une seule nuit. De 18 heures jusqu’au petit matin, la ville accueille des performances, des installations et des interventions artistiques dans les musées, les lieux culturels et l’espace public. La difficulté n’était pas d’attirer le public : une fois la date annoncée et la communication lancée, Paris offrait gratuitement une nuit d’art et de fête, ce qui garantissait une forte affluence.

Le véritable défi était ailleurs : il fallait concevoir en une année un événement qui ne dure qu’une nuit. La manifestation devait être accessible à tous, sans distinction d’âge ni de nationalité, tout en assurant la sécurité du public et en maintenant une vraie exigence artistique. Il ne s’agissait pas de réduire l’art à un simple divertissement. Une grande fête lumineuse aurait été plus simple à organiser, mais l’enjeu était de donner une place réelle aux artistes, de leur offrir un espace de liberté, et de faire de cette nuit un moment à la fois festif, social et, dans une certaine mesure, politique.

Le plus important était de trouver un juste équilibre entre art et divertissement : proposer au public des expériences séduisantes, tout en éveillant sa curiosité et en élargissant sa vision de l’art. Laurent Le Bon raconte qu’après avoir minutieusement préparé cette Nuit Blanche, il croyait avoir tout maîtrisé. Mais le jour venu, la pluie s’est invitée à la fête. Après avoir résolu tant de difficultés humaines, il restait un élément impossible à contrôler : la météo.

Restaurer sans figer

Jean-François Bodin est diplômé en architecture de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts depuis plus de quarante ans. Depuis 1968, la formation en architecture en France s’effectue dans des écoles spécialisées. Son domaine de prédilection est la réhabilitation de bâtiments et la conception muséale. Comme le Musée Picasso n’avait jamais connu de grande rénovation depuis son ouverture, son expertise s’est révélée précieuse pour moderniser cet édifice du XVIIe siècle.

Au fil de l’entretien, on perçoit chez lui une pensée très structurée, nourrie de recul et de réflexion. Sa manière de parler de l’art invite à le regarder autrement, avec davantage d’ouverture.

L’École des Beaux-Arts occupe une place presque mythique dans l’histoire culturelle française. Le bâtiment lui-même a plus de 350 ans et l’institution conserve sa propre collection d’œuvres. Parmi ses anciens élèves figurent de grandes figures de l’art français, de Degas à Monet, en passant par Delacroix et Renoir. L’école a autrefois abrité une section d’architecture, supprimée après Mai 68. Bodin garde un souvenir très vif de cette époque, qu’il décrit comme particulièrement romantique.

À l’époque, les étudiants en architecture partageaient le même environnement que des élèves venus d’autres disciplines artistiques. Cette proximité nourrissait les échanges et l’inspiration. L’architecture du lieu, son histoire et l’atmosphère artistique qui y régnait donnaient aux études une dimension unique.

Cette rénovation marque la première grande intervention depuis l’ouverture du musée, il y a trente ans. Elle vise bien sûr à redonner au bâtiment tout son éclat, mais aussi à intégrer des mises à niveau techniques et sécuritaires devenues nécessaires. Le musée profite également de ce chantier pour agrandir ses espaces d’accueil et ses salles d’exposition, afin de mieux présenter les chefs-d’œuvre de Picasso à un public toujours plus nombreux.

Pour Jean-François Bodin, un tel projet relève du marathon plutôt que du sprint. Chaque chantier culturel d’ampleur réserve son lot d’imprévus. Restaurer un musée, une forteresse ou un monument demande du temps, parfois dix ans, parfois vingt. Les difficultés rencontrées au fil du processus restent souvent invisibles pour le public.

Il estime qu’une carrière se construit par une succession de curiosités, de circonstances favorables, de chance et d’efforts.

L’art dans la vie

Jean-François Bodin est un architecte aux multiples facettes. Très tôt sensible aux questions d’environnement, il a aussi travaillé dans le design d’intérieur, le mobilier, le design industriel, le packaging et plusieurs projets culturels. Dans les années 1980, il a fondé avec la designer Andrée Putman la société ECART, spécialisée dans le mobilier.

Lorsqu’on lui demande s’il se considère comme collectionneur, il répond que non. Mais il précise que lui et son épouse aiment acquérir certaines œuvres qu’ils apprécient pour les installer chez eux comme objets de décoration et de plaisir personnel.

Après tant d’années passées dans le monde de l’art, il s’est forgé une vision très personnelle de sa place dans la société. La question de l’« art pour tous » revient souvent. Personne n’y est opposé en principe, mais sa mise en œuvre suscite toujours des doutes.

Pour Bodin, cette question se divise en deux aspects. D’abord, l’accès physique : la France bénéficie ici d’un avantage réel, car les lieux culturels y sont nombreux et facilement accessibles. Ensuite, l’accès mental : l’art est-il compréhensible ? L’art n’a pas de frontières, dit-il. Chaque pays a sa propre sensibilité, sa propre manière de le recevoir. Les goûts et les lectures diffèrent, et cela ne pose aucun problème.

En guise de clôture

Cet échange avec Laurent Le Bon et Jean-François Bodin m’a fait réfléchir à l’importance de l’équilibre et de la créativité. Beaucoup de parents pensent qu’apprendre le piano à leur enfant, ou l’emmener au musée une fois par mois, suffit à nourrir durablement son goût pour l’art. Cela peut fonctionner, bien sûr. Mais qu’en est-il des adultes ?

Beaucoup aiment l’art, mais disent manquer de temps. Alors une question s’impose : l’art ne devrait-il pas aussi faire partie de notre quotidien ?

Lorsque l’on pense aux grands équipements culturels du West Kowloon Cultural District, on s’interroge souvent sur leur singularité. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas imaginer que les immeubles commerciaux et résidentiels environnants aient eux aussi une dimension artistique ? Pourquoi ne pas intégrer, dans chaque quartier de Hong Kong, quelques constructions emblématiques, à la manière de Gaudí à Barcelone, conçues avec la participation des habitants ?

Pourquoi ne pas aussi introduire davantage d’art dans nos lieux de transit, comme certaines stations de métro ou certains arrêts de bus à Paris ? Aujourd’hui, bus, tramways, minibus et métros sont déjà recouverts de publicités : pourquoi ne pas laisser aussi des artistes concevoir leur apparence extérieure, à l’image des jeepneys aux Philippines ? Pourquoi ne pas renouveler nos panneaux de signalisation en y ajoutant une touche artistique ?

Toutes ces idées relèvent bien sûr d’une réflexion personnelle, presque utopique. Leur réalisation dépendra de la volonté des décideurs. Mais une chose me paraît essentielle : si l’on veut créer une véritable culture artistique, il faut commencer par le quotidien des citoyens, en leur offrant un contact simple et direct avec l’art. C’est ainsi que celui-ci pourra se développer naturellement, de manière vivante et durable — dans une logique de croissance organique.




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